Mee-Young Kim (Arkim), Artiste plasticienne

Je suis née en Corée du Sud, en 1957
et vis et travaille à Paris depuis 2003

Diplomée d'arts appliquées à l'université d'Ewha à Séoul, j'ai écrit une thèse de doctorat en arts plastiques à l'université de Paris I. Après avoir travaillé comme professeur à l'université en Corée, je me consacre aujourd'hui à la création artistique et à l'organisation d'expositions.



En hommage aux fragiles

Je deviens poète en transformant du fil de fer en lettres, en accumulant les bouts de papier écrits des mots que j’énumère, tantôt les noms des morts, tantôt les noms des plantes sauvages. Je rends alors hommage à la vie éphémère qui passe une toute petite phase dans cet immense monde de VIE. C’est une sorte de rite personnel pour les êtres fragiles.

Je ne trouve pas que quelqu'un a plus de valeur qu'un autre. Tous les êtres (les plantes, les microbes, les animaux, les êtres humains inclus) doivent vivre comme ils sont, comme ils sont tous différents, comme ils sont ainsi. Seulement les relations entre ces êtres sont importantes, à savoir, entre mes entourages et moi, mon environnement et moi.

Je ne dois pas changer de ma propre autorité les choses alentour de moi. Même avec la substance inorganique il me faut y avoir une relation respectueuse. J'aimerais que ces pensées se retrouvent dans mon travail.


Dressé dans la rue après un accident, un autel, fait de photographies, de papiers écrits et de bouquets entassés, me fait éprouver une vive émotion. Les étiquettes portant les noms des morts se trouvent dans les rites confucianistes coréens, ou dans le chamanisme avec les amulettes de souhaits. J’emprunte cette forme, sur un plan esthétique, à ma culture, issue de l’Asie du nord-est.

Mon travail se concrètise en assemblant des matériaux plus ou moins vulnérables comme le fil de fer fin ou les bouts de papier légers. Sans nullement préférer le lourd au faible, le centre au bord, la concentration à la dispersion, mon travail va plutôt à la sensibilité flottante, à l’espace aéré et au goût des lisières. Comme une énergie subtile, du centre vide, aux lisières, l’aération de l’espace clairsemé, épars, désire mieux respirer.

Écritures

L’origine de mon écriture aurait quelque rapport avec la calligraphie ou la peinture asiatiques avec l’intention d’induire l’élévation spirituelle et réussir le trait, la forme, du premier coup.

Mais le geste de mes traits doit venir plutôt d’un automatisme intérieur. L’influx nerveux rend le trait gestuel, qui ressemble à mon écriture manuscrite, inimitable. Ce qui est inimitable, c’est alors le corps (mon corps ne peut jamais être remplacé par un autre). Je veux donner à lire cette fatalité dans mes écritures: mon corps ne sera jamais celui de quelqu’un d’autre.

La lettre, qui évoque le thème de mon travail, est d’abord un élément plastique important, autant que les fragments de différents matériaux ou les dessins. Il n’est pas indispensable que les écritures soient toujours lisibles, elles sont juste des indices.

Éloge de la main

Mon travail de référence n’est pas la peinture, mais les arts and crafts. Si je voulais concevoir là une des sources de la peinture à la fois plus radicale et plus commune, je serais manipulatrice des outils et des matières, en exerçant le talent de la main avec tous les instruments de l’artisan.

Gratter, creuser, incruster, découper, courber, assembler, coudre, napper la surface de couleurs… Ces opérations seraient liées au geste de la main qui sait opérer lucidement l’outil et la matière, c’est la main qui règne dans mon travail, non l’œil (cela ne veut pas dire ici l’habileté de la main du peintre, mais seulement le véritable manipulateur de la peinture).


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